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Just4Movies - District 9
District 9
Fiche Technique
Titre :District 9
Genre : Action, Science-Fiction
Réalisateur : Neill Blomkamp
Scénariste(s) : Neill Blomkamp et Terri Tatchell
Bande Originale : Clinton Shorter
Durée : 1h52
Date de Production : 2008
Nationalité : américano-néo-zélandaise
Casting : Cliquez ici

District 9




Reportage : découvrez les dernières heures de la vie de Vikus van der Merwe, employé d'une société multinationale (MNU) qui s'occupe de la gestion du camp de réfugiés pour aliens District 9. Les E.T.s sont arrivés voilà vingt huit ans à Johannesbourg, en Afrique du Sud. La MNU veut les re-localiser dans un nouveau camp, en dehors de la ville, et Vikus doit leur faire connaître leur expulsion.



Avec une histoire de départ alléchante et un propos engagé, District 9 fait partie de ces petits films de science-fiction au budget limité, réalisés par d'illustres inconnus, qui aspirent ainsi émerger dans le petit monde impitoyable d'Hollywood. Le dernier film de ce profil, les fils de l'homme, avait confirmé le talent naissant du mexicain Alfonso Cuaron, brillant formaliste capable d'écrire des scénarios de qualité. Neill Blomkamp, jeune réalisateur sud-africain de 30 ans, a réussi à monter son premier film avec le soutien de Peter Jackson.
Jackson suit ici le parcours de ses idoles, George Lucas le premier, qui a toujours cherché à pousser de jeunes réalisateurs sous les projecteurs. Le Néo-zélandais semble croire énormément en son nouveau poulain : après avoir tenté de lui faire réaliser l’adaptation cinéma du jeu vidéo Halo, il permet à Blomkamp de concrétiser un film à partir de son court métrage Alive in Joburg (voir sur youtube en lui proposant sur un plateau 30 millions de dollars. Il a également mis à son service les magiciens de WETA, passés maîtres dans la capacité à incruster des éléments 3D dans un décor réel. Résultat : nous voilà avec un bon film de science fiction, qui aurait pu être encore meilleur si son réalisateur avait su exploiter la richesse des thématiques qu’il évoque tout au long de District 9.



Quand le spectateur découvre Vikus van der Merwe (Sharlto Copley), il se demande bien vite sur quel zigoto il est tombé. Maladroit, stupide, intransigeant et sans finesse, il représente le petit fonctionnaire borné trop content de faire un sale travail. Le traitement est fait avec un tel premier degré que le décalage entre l’impression du spectateur et ce qui se passe à l’écran rappelle les meilleurs moments du Starship Troopers de Paul Verhoeven, où l’on sentait combien le réalisateur se moquait des opinions extrêmes de ses personnages et les utilisaient contre eux, leur faisant affronter leur profonde bêtise idéologique. Ici, le schéma est le même et l’on suit Vikus tentant tant bien que mal de faire appliquer un arrêté d’expulsion avec une arrogance et une fausse supériorité pathétique.
C’est l’occasion de découvrir aussi les Aliens, qui nous sont présentés à travers les yeux des humains grâce à un formatage type documentaire où interviennent des spécialistes. Présentés comme des animaux, des nuisibles, ils semblent peu à peu s’humaniser au cours du film. Le début de District 9 est là aussi très orienté vers leur aspect bestial, les réduisant à des créatures stupides qui mangent de la pâté pour chien. Là encore, leur représentation nous place dans la peau de Vikus et tend à nous dire, de façon totalement exagéré : ils méritent leur sort. Il y a là un regard de Neil Blomkamp sur l’histoire de son propre pays.



En effet, le choix de Johannesbourg, capitale de l’Afrique du Sud, comme théâtre des opérations de District 9 n’a rien d’anodin. Son réalisateur met clairement en parallèle l’histoire des Aliens avec ceux des populations noires sous l’Apartheid. En témoigne le soin du détail apporté dans de nombreux plans où l’on observe des panneaux, des affiches, des consignes interdisant certains lieux aux E.T.s. Le film va très loin dans la dénonciation de certains actes de l’Apartheid, jusqu’aux expériences et autres actes répréhensibles que certains Afrikaners ont commis et qui furent révélés notamment par la Commission de la vérité et de la réconciliation dans les années 90 (je vous invite à consulter sa fiche Wiki). Bien entendu, District 9 n’est pas le premier à se pencher sur cette période de l’histoire sud-africaine, mais elle offre une métaphore certes lourde mais pleine d'ambition sur le sujet.
En effet, après le premier tiers du film, Vikus se retrouve contaminé par une étrange toxine qui le transforme lui aussi en E.T., et il va donc devenir un de ceux qu'il a toujours détesté. Le retournement du point de vue amène celui du spectateur, qui découvre des aliens intelligents à travers le scientifique Christopher, avec une soif de survivre, à travers qui rejaillit les lambeaux d'une civilisation qui semble bien loin.
L'acteur Sharlto Copley réussit à bien retranscrire la détresse de son personnage, qui ne peut empêcher ce qui lui arrive et qui souffre de voir ses anciens collègues ou proches se retourner contre lui. Devenu malgré lui un résistant, il ne parvient jamais totalement à accepter son destin. Dommage que ce poids dramatique soit perdu de vue par le scénario en cours de route, qui tombe rapidement dans une surenchère dérangeante que le début du film ne laissait pas prévoir.



Le plus gros problème de District 9 est que la force de son propos s’éteint totalement au fur et à mesure que son histoire progresse. Basculant dans le Fugitif-like, Blomkamp empile les rebondissements avec les morceaux de bravoure sans plus chercher à réfléchir une seule seconde sur ce qui se passe à l’écran. District 9 devient alors un efficace film d’action mais perd tout intérêt sorti du fun immédiat qu’il procure. Ce désintérêt culmine dans l’impressionnante scène avec le mécha Alien où Vikus affronte les troupes du MNU. Cette séquence, très réussie d’un point de vue visuelle notamment pour ce qui est de l’intégration des effets spéciaux très soignés par WETA, échoue totalement à créer quelconque tension tant le film perd son personnage principal de vue au profit d’un tout action redondant. Résultat, ce personnage dont on avait suivi la lente descente en enfer ne devient qu’une machine aux étonnantes capacités de combat, et c’est bien tout ce qu’il fallait éviter dans un affrontement entre humanité et aliénité.
L’autre problème vient du glissement soudain de la réalisation de Neill Blomkamp vers une espèce de Ridley Scott illustré. Tout, dans le film, rappelle la réalisation de Black Hawk Down dès lors que les combats commencent. Alors qu’il avait évité jusque là les écueils d’une caméra trop remuante au profit de plans plus posés, Blomkamp effectue redite sur redite à peine l’action en route, et il n’a pas encore le talent de Scott concernant la composition des plans notamment. On remarquera tout de même l’influence du film de Scott sur les films récents et séries représentant l’Afrique, tant les reprises sont multiples – jusqu’à une réutilisation directe des images de son BHD dans G.I. Joe. La musique ne fait que rappeler cette proximité, hésitant souvent entre le Black Hawk Down de Hans Zimmer et les compositions type Jason Bourne de John Powell.



District 9 a tout de la bonne surprise pendant une heure. On se laisse prendre au jeu, et Neill Blomkamp est clairement un réalisateur à surveiller tant il parvient à dynamiser sa caméra tout en gardant une lisibilité bienvenue. La surenchère du final, que l'on pourrait attribuer à une maladresse scénaristique (ou à l'influence néfaste de son producteur, Peter Jackson étant coutumier de l'escalade pachydermique qui nuit au récit), n'entache en rien la bonne impression que nous laisse ensemble une fois le film terminé. On se prend même à espérer un deuxième opus où Christopher reviendrait sur Terre, histoire de... peut-être avec District 10, qui sait !

Fiche rédigée par Kith



En savoir plus :
Bande Annonce : BA District 9
Bande Originale : BO District 9
IMDB : Fiche IMDB District 9
Site officiel : Site Off District 9

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