La musique dans « La Menace Fantome».
(par darth tyrannus)
Introduction :
Poursuivons donc notre analyse par analogie à celle faite pour l’épisode deux, par l’étude de la Bande Originale du premier opus de la saga. Cette BO, a été comme pour toutes les autres, composée par le génie des compositeurs de notre temps : John Williams. Une BO riche en nouveaux thèmes comme nous allons le voir…
Star Wars, Main Tittle and The Arrival at Naboo : (2’55)
Le premier titre de la BO d’un épisode de SW commence immanquablement par le thème principal de la série suivi une variante pour chaque film. Ce thème principal est majestueux et clair avec la prédominance des instruments en cuivre. Il est ici suivi par un interlude plus calme qui fait la transition avec le début du film. Ici, nous avons une ambiance tendue avec des nuances piano voire pianissimo et une modalité mineur. La tension se relâche alors un peu dans la mélodie et il y a une marche chromatique jouée par les violons. Ce premier morceau se termine sur un accord non conclusif donnant une impression d’instabilité.
Duel of Fates : (4’55)
Voila un des nouveaux thème de la saga avec une prédominance des chœurs, structure à quatre voix: Soprano, alto, ténor, basse. Tout d’abord, une introduction par le chœur a cappella (c’est a dire sans accompagnement instrumental). Puis il y a entrée au fur et à mesure des instruments jouant un ostinato rythmique en entrant en forme canon (les uns par dessus les autres) avant de revenir a l’unisson. Le ton s’amplifie nettement avec un grand crescendo qui croit pendant tout le morceau. Les paroles du chœur sont des mots sanscrits (ancienne langue sacrée de l’Inde) (Kohra, ratama) avec une très grande importance des voyelles. Le chœur donne le caractère religieux du destin inévitable, et de l’intensité du combat. D’un seul coup, au plein milieu du morceau, la tension retombe et on reprend depuis le début. Ostinato rythmique, thème passant par tous les instruments, grand crescendo, tous les instruments jouent ensemble et retour du chœur qui chante le thème. L’orchestre a un moment s’efface même pour laisser la liberté de la mélodie au chœur. Enfin une dernière fois, de nouveau un piano subito, grand crescendo, thème réexposé et l’orchestre conclut. C’est un nouveau très grand thème qui donne toute sa splendeur à la saga et laisse jaillir le génie musical de Williams. (thème réutilisé dans l’épisode 2 peut-être le 3 et ferra sûrement partie de la nouvelle partition de la retouche de l’OT…)
Anakin’s theme : (3’09)
Encore un nouveau thème très important dans la nouvelle trilogie. Il permet en effet de pouvoir, d’un point de vue musical, voir quand le petit ani est soit du bon coté (avec ce thème), soit passe vers le Dark Side, avec la marche impériale. Ce thème est très doux, exposé par les flûtes et repris par l’orchestre à chordes. Morceau en mode mineur, avec des frottements sensible, tonique donnant tout son caractère triste et inévitable au jeune garçon. Après une variation de ce thème, il est encore réexposé par l’orchestre à l’octave supérieure. On peut noter que dans la cadence de ce thème correspond aux toutes premières notes de la marche de Vador. Ensuite il y a de nouveau exposition du thème et conclusion avec insistance sur cette cadence qui est répétée 2 ou 3 fois jouée par les chordes graves. On ne compte plus les idées fantastiques de Williams qui se multiplient dans cette BO qui nous plonge dans le caractère innocent du petit Anakin, tout en laissant préfigurer le dénouement tragique de sa vie, mais pas encore trop accentué…
Jar Jar’s introduction and the swim to Otoh Gungan : (5’07)
Comme pour tout les personnages drôles, (voire stupide), l’emploi des instruments à vents et une pulsation gauche et irrégulière s’impose. Ici, il y a le thème exposé en parallèle par le hautbois et le basson à l’unisson. On peut aussi noter une montée chromatique sans distinguer chaque note (appelé dans le jargon musical « dégeulendo » ascendant) . Puis le caractère change et devient plus posé avec un interlude. Ensuite nous assistons au retour dur chœur en fond, qui donne l’impression de fluidité de l’eau avec des vocalises au violons qui varient sur ce thème dans les aigus. Nos héros arrivent à Otoh Gungan. Ce passage est suivi par un interlude au chordes auquel se substitue de nouveau un changement de caractère, une mélodie en mode majeur, très jolie. Apres un glissando à la harpe, il y a variation de cette mélodie et le retour des rythmes syncopés du thème de Jar Jar toujours avec prédominance des bois. Puis, très brièvement, on entend passer le thème d’Anakin joué cette fois ci par le hautbois. Apres l ‘exposition de ce thème le morceau se termine par un sentiment de tension.
The Sith spacecraftand the battle droid : (2’37)
Morceau commencant par des percussions et des dissonances aigues aux violins (un peu comme dans la piste trios de la BO de Attack of the clones : Zam). Il y a un grand cresendo, le rythme s’accélère avec des temps forts treès accentués donnant le caractère de la marche militaire et donne la cadence à leur pas. Puis on entend le thème d’Anakin qui est joué par desssus cet ostinato rythmique,par les violons. C’est alors la mélodie que l’on entend à la bataille finale opposant les armées de la fédération du commerce, très organisée contre l’armée gungan.
The trip to Naboo and the Audience with Boss Nass : (4’07)
Ambiance très feutrée avec présence des voix de femme en fond. Le piccolo (petite flûte)joue une mélodie au dessus d’un amas indescriptible et presque inaudible de percussion pianissimo. Puis, nos héros prennent congés du conseil Gungan . Une nouvelle mélodie est exposée par les cors. Ensuite, après un interlude, il y a ré exposition de ce thème. Puis il y a une brusque accélération dans le rythme qui prend avec le retour les voix et la pulsation ternaire, le même caractère fluide que nous avons vu auparavant. Ensuite, d’un seul coup, une tension s’installe avec accelerando de l’ostinato rythmique avec une nuance plus forte avec prédominance des trompettes et timbales. Enfin alors le morceau se termine.
The arrival to tatooine and the flag parade : (4’04)
Le morceau commence par l’exposition du thème de Jar Jar à la clarinette. Puis, les instruments à chordes (violon, altos, violoncelle, contrebasse) reprennent le dessus et mènent la mélodie vers un thème plus tendu, marqué rythmiquement, dans lequel s’intercale de petits interludes. D’un seul coup, il y a une mélodie plus enjouée avec la prédominance des cors : style marche militaire. Il y a présentation du thème qui est répété plusieurs fois mais qui augmente au fur et a mesure d’une seconde. Thème toujours vif et avec cette marche chromatique. Il y a un ostinato rythmique par le reste des instruments de l’orchestre mais le thème est joué majoritairement par les cuivres clairs (trompettes). Le morceau se clôture par un roulement de tambour qui suit l’ostinato imposé par le thème
He is the chosen one : (3’53)
Après un court prélude, on peut entendre le thème de Luke joué par les flûtes avec une ambiance relativement tendu. Puis le thème passe par divers instruments ; thème dans lequel s’intercale des passages orchestraux. Ensuite, le rythme s’accélère et on entend cette fois le thème d’Anakin joué très clairement par les flûtes. Puis on a le droit a quelques variations autour de ce thème. Enfin le morceau se termine par un postlude assez fort.
Anakin defeats sebulba : (4’24)
Le morceau commence par les flûtes en dissonances. Après ce petit passage déroutant l’oreille retrouve ses marques avec un grandiloquent, thème de la Force joué par les cors. Puis on a le droit à un interlude assez fort (de style fanfare) joué par les cuivres au moment de l’allumage des pods. La tension au niveau musical est à son paroxysme. Il y a alors reprise de la mélodie de l’interlude. La course commence, avec un rythme très enjoué, ce qui se traduit en musique par un rythme très accentué (doubles croches aux chordes) avec une très forte présence des cuivres. Le morceau et toujours très soutenu avec des nuances forte voire fortissimo et beaucoup de dissonances. Pour finir, reprise en fanfare du thème d’Anakin et fin du morceau.
Passage through the planet core: (4’40)
Morceau qui commence par une sorte de marche militaire avec un rythme très présent (ostinato aux chordes et aux timbales). Ensuite, d’un seul coup, cette marche militaire sort de son cadre et la mélodie est jouée par les cuivres. L’atmosphère devient alors plus intime avec une mélodie très calme. Ensuite on assiste au retour du même style de musique que pour la piste 5 : audience with boss Nass (picolo, sur fond inaudible…) Pour terminer le morceau, on retrouve un postlude plus mélodieux.
Watoo’s deal and kids at play : (4’47)
Le morceau commence par un prélude à la clarinette qui introduit un passage dont la mélodie varie entre majeur et mineur (dialogue Qui Gon Jinn et Watoo). Ensuite, on entend une reprise du thème d’Anakin immédiatement suivi par une accélération du rythme et de l’intensité. Après un moment, la musique se calme et un interlude nous conduit à une mélodie très souple et non brusque. On peut de nouveau entendre le thème de la Force joué en dessous par les cors. Ensuite on a un changement de caractère et on a les rythme syncopé du style du thème de Jar Jar, staccatos avec des intervalles gauches (anecdote de la tête entre les coupleurs d’énergie). Puis de nouveau, retour du thème d’Anakin et reprise du thème de Jar Jar qui clôt le morceau.
Panaka and the Queen’s protectors : (3’24)
Un morceau qui démarre sur les “chapeau de roués” avec un rythme très enjoué et l’emploi des instruments très clairs (trompette…)(moment de la bataille dans le hangar). Puis on a le droit au retour de quelques mesures de Duel of Fates (partie instrumentale). Le rythme continue à être très pressant et d’un seul coup on a un piano subito (fin de l’intensité » brutale qui entraîne presque un arrêt dans la ligne musicale), et il y a un roulement de tambour qui nous emmène à une reprise de l’intensité et du rythme qui est de nouveau très vif. Mélodie toujours majeur. Ensuite, reprise du thème par les trompettes puis l’orchestre. On peut noter que la fin du morceau est un peu brutale.
Queen Amidala and the Naboo Palace : (4’51)
Morceau assez tendu avec des nuances assez faibles presque inaudibles. Ambiance feutrée. On retrouve encore le caractère sous marin d’Otoh Gungan (avec le picolo etc…) Ensuite, on peut réentendre le thème d’Anakin varié joué par la flûte qui s’enchaîne à une mélodie plus majestueuse. Cette mélodie est suivie par un autre passage, plus tendue encore, avec les même caractéristiques qu’au début avec des vocalises au picolo. Ce passage s’enchaîne à un postlude avec toujours cette atmosphère de tension.
The Droid Invasion and the Apparence of Darth Maul : (5’14)
Morceau qui commence par des percussions (timbales). Puis une sorte de marche militaire rythmée et très précise dont le thème est joué par les cuivres (emploi du tambour très caractéristique pour ce style de marches durant l’invasion Droid). Puis ré exposition du thème par les trompettes. Ensuite, le rythme continue de s’accélérer, les dissonances deviennent de plus en plus présentes. Retour de la marche militaire mais moins accentuée. Ensuite nous avons le solo d’un instrument très bizzard (je suis même incapable de le citer si quelqu'un sait maillez moi) comme une sorte de voix, a cappella qui s’enchaîne sur le thème de l’empereur, toujours très sombre et chanté par des voix d’hommes très grave (basses). Puis ce thème fait place à un autre style (comme durant le voyage à Otoh Gungan (voix de femmes et fluidité dans le rythme. Enfin le rythme se ré accélère de nouveau et on entend pour terminer l’ostinato rythmique de Duel of Fates.
Qui-Gon’s Noble End : (3’48)
Tout d’abord, nous avons le retour de Duel of Fates en Fanfare joué par un quatuor de cuivres (Tuba, Cors, Trombones, Trompettes), qui s’enchaîne à une partie très vive et marquée rythmiquement grâce qu xylophone qui donne cette impression pressante. Rythme très rapide avec une marche harmonique ascendante. Puis elle s’arrête et laisse place çà une tension extrême (accords arpégés à la harpe) dissonances, tam-tam. Paroles chuchotées par le chœur sur fond d’une note très aiguë de l’orchestre. Puis il y a un accord posé joué très fort et un jeu autours de l’arpège de cet accord qui s’enchaîne sur un thème très lent. Puis, de nouveau, il y a une accélération et le morceau s’arrête sur un roulement de tam-tam.
The High Council Meeting and Qui-Gon’s Funeral : ( 3’09)
Morceau d’un caractère très triste en mode mineur qui s’enchaîne sur une variation du thème de la force vers un passage plus sombre et exposition du thème de Vador. Après un interlude, il y a l’ambiance macabre de la cérémonie d’incinération du corps de Qui-Gon, très lent. Avec reprise aux violoncelles du thème de la Force et choral chanté par les chœur mixte agrémenté par l’orchestre. Le morceau se termine par un accord dissonant.
Augie’s Great Municipal Band and End Credits (9’37)
Morceau final par nature très festif avec présence des tambours et chœurs . Bref, tout est là pour montrer une ambiance bon-enfant, joyeuse, en mode majeur. Il s’en suit un enchaînement parfait avec crescendo vers le générique de fin, joué par l’orchestre symphonique au grand complet. Comme à chaque fois, nous avons le droit à la ré exposition des thèmes principaux : Ici, tout d’abord Duel of Fates dans toute sa splendeur qui s’enchaîne au thème d’Anakin, là aussi magnifique et dévoilant tout le génie du maître John Williams. A la fin de ce thème, il insiste sur sa cadence dont nous avons déjà parlé et qui correspond aux quelques premières mesures de la Marche Impériale de Vador.
Ainsi commence la prélogie, on retrouve avec joie un grand nombre de thèmes de l’ancienne trilogie agrémentés par des petits nouveaux.. Un éventail du génie de John Williams qui manie aussi bien les marches que les morceaux tristes. En bref, une bande originale riche en thèmes nouveaux qui est très prometteur pour la suite…