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DOSSIER JOHN WOO : INTRODUCTION




Dualité. Si il y a bien un mot pour résumer le cinéma de John Woo, c'est celui-ci. Au delà d'une simple confrontation entre le bien et le mal, le réalisateur ne cesse de croiser des univers qui sont en constante opposition (police et gangsters par exemple), de chercher à ses personnages d'autres visages, voir même de développer leur opposé, leur côté clair/obscur selon les cas. La grande majorité de ses films reposent d'abord sur cette construction à deux : deux héros ou anti-héros appelés à se rencontrer et à confronter leurs différences. Ce qui est amusant, c'est que l'on peut également retrouver une certaine dualité entre le John Woo hongkongais, aux projets millimétrés et personnels, et le John Woo américain capable d'un anonymat qui frôle parfois l'alimentaire. De temps à autres, là aussi, les deux Woo se croisent, ce qui peut donner quelque chose d'assez atypique.

J'ai choisi, pour illustrer l'introduction de ce dossier, de baser mon propos sur l'avis de l'un des staffeurs, en la personne du Spielbergophile JereWan, qui nous présente brièvement son avis sur le réalisateur :

« Je connais très mal John Woo, donc je ne peux me permettre d'émettre un véritable jugement sur ce réalisateur. De lui je n'ai vu que Volte/Face, Paycheck et M:I 2 (shame on me, je sais). Autrement dit, pas des films très glorieux. Pour moi, il s'agit d'un bon metteur en scène avec ses tics très facilement reconnaissables, et qui brille par son habilité à tourner des fights impressionnants (à peu près la seule qualité de M:I 2). Les scénar' de ces films là ne sont pas toujours terribles voire carrément mauvais, même si Paycheck part d'une bonne idée (K.Dick en même temps), sauf pour Volte/Face, qui est en réalité le seul bon film que j'ai pu voir du réalisateur. Mais il m'est à vrai dire assez difficile d'en parler, vu ce que je connais de sa filmographie, et je ne peux guère m'avancer davantage dans mes propos sous peine de juger John Woo de manière injuste et erronée. Toujours est-il que c'est un réalisateur que j'aimerais beaucoup découvrir par ses films HK. »


Si je me permet de citer Jere ici, c'est qu'il résume assez bien le point de vue habituel que l'on peut avoir sur le réalisateur. Si la réédition des nombreux films HK de sa période 1986-1992 a rendu accessible une grande partie de sa filmographie, on en reste souvent à deux ou trois films très connu qu'il a pu faire aux Etats-Unis. Pourquoi ?
Parce que John Woo, c'est d'abord un style visuel très marqué. Mais sa carrière US a justement eu tendance à effacer tout parti pris personnel pour ne garder que ce style. Voilà Woo bombardé « maître du cinéma d'action ». Une coquille vide, en somme, très jolie à regarder, mais qui ne donne pas envie de creuser. Pourtant, il y a matière.

L'ambition de ce dossier au long court sera donc de montrer que la filmographie de John Woo, très contrastée en terme de qualité, est parcourue de thématiques, d'effets de style justifiés, et qu'il existe finalement une certaine continuité entre la révolution A Better Tomorrow/Le Syndicat du Crime et le mollasson Paycheck, qui achève à l'heure actuelle son parcours à Hollywood.


- John Woo : carrière et filmographie
L'occasion de découvrir la carrière de John Woo à partir du moment où il s'est lancé dans le polar d’action, genre qui fera son succès. De 1986 à 2003, il a signé treize films sur lesquels il fallait revenir pour comprendre un peu mieux le cinéaste. Cette fiche carrière s'accompagne d'une filmographie complète.


- « Je garde toujours une dernière balle soit pour moi, soit pour mon ennemi » (A VENIR)
Une plongée dans les thématiques de John Woo, afin d'illustrer les croisements entre les différents films du réalisateur.


- les fiches de film :

Le syndicat du crime 1 et 2 : Ho, mafieux reconnu, est arrêté suite à une affaire qui a mal tourné. A sa sortie de prison, il décide de reprendre une existence normale pour ne pas faire de l'ombre à son jeune frère, entré dans la police. Mais son meilleur ami Mark, et l'envie de se sortir des griffes des Triades qui ne cessent de le harceler, vont l'entraîner dans un vendetta teintée d'un rouge sang.















Rédigé par Kith